Une plaque commémorative dévoilée à la gare de Strasbourg
Le vendredi 11 septembre 2026, une plaque commémorative a été dévoilée en gare de Strasbourg, afin de rappeler le rôle joué par cette gare dans l’histoire de la déportation nazie.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la gare de Strasbourg fut un important lieu de transit pour de nombreux convois de déportation. Des hommes arrêtés en Moselle annexée, au Luxembourg, en Sarre ou dans le Palatinat y transitèrent avant d’être dirigés vers le camp de concentration de Natzweiler. Des convois en provenance d’autres grands camps du Reich y passèrent également avant de rejoindre Natzweiler.
Après l’évacuation du camp principal à l’automne 1944, Strasbourg devint également un important nœud ferroviaire pour les transferts organisés depuis le camp de Schirmeck vers les camps du Reich.
La plaque dévoilée inscrit cette histoire dans l’espace public et rappelle que les lieux de mémoire ne se limitent pas aux anciens camps et aux mémoriaux. Les gares, les routes et les lieux du quotidien portent eux aussi les traces de la déportation.
Cette démarche s’inscrit dans un travail de mémoire développé avec les acteurs du territoire. Elle fait notamment écho au Chemin des Déportés, reliant la gare de Rothau au camp de concentration de Natzweiler, ainsi qu’aux actions menées avec les établissements scolaires.
Une cérémonie internationale au Mémorial
Le dimanche 13 septembre 2026, la cérémonie internationale en hommage aux victimes du complexe concentrationnaire de Natzweiler s’est tenue au Mémorial du camp de concentration de Natzweiler-Struthof.
La cérémonie a été présidée par Madame Marie-Christine VERDIER-JOUCLAS, directrice générale de l’Office national des combattants et des victimes de guerre. Elle fut accompagnée de Monsieur Thierry ROGELET, sous-préfet de Molsheim, représentant Monsieur Amaury de SAINT-QUENTIN, préfet de la région Grand Est, préfet de la zone de défense et de sécurité Est et préfet du Bas-Rhin ; de Madame Murielle LANGNER, maire de Natzwiller ; et du lieutenant-colonel Bruno DEMANET, représentant le général Nicolas de CHILLY, gouverneur militaire de Strasbourg et commandant de la 2e brigade blindée.
Cette année, la cérémonie a mis à l’honneur les déportés belges en retraçant leurs parcours. Les recherches ont été menées par les élèves de l’Athénée royal de Rixensart-Wavre, en Belgique.
Les élèves du collège Saint-Exupéry de Mulhouse rendent également hommage à Henri Mosson, ancien déporté français décédé en décembre 2025, et évoquent son parcours.
Une mémoire européenne
Ouvert en mai 1941, le camp de concentration de Natzweiler développe progressivement dans un vaste complexe concentrationnaire qui compte 53 camps annexes de part et d’autre du Rhin. Environ 50 000 personnes, originaires de plus de cinquante pays actuels, y furent enregistrées entre 1941 et 1945. Environ 17 000 y perdirent la vie.
La présence, lors de la cérémonie, de représentants de plusieurs États et de mémoriaux des camps annexes rappelle cette dimension profondément européenne. Le détachement militaire est issu du Corps européen, état-major multinational stationné à Strasbourg. La garde au drapeau multinational réunit des soldats des six nations-cadres du Corps européen : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Luxembourg et Pologne.
Cette dimension européenne est également symbolisée au Mémorial par les drapeaux représentant les pays de naissance des déportés du complexe concentrationnaire de Natzweiler.
En 2018, le Mémorial du camp de concentration de Natzweiler-Struthof et plusieurs camps annexes situés de part et d’autre du Rhin ont reçu le Label du patrimoine européen, reconnaissant leur importance dans l’histoire et la mémoire européennes.
Transmettre après les derniers témoins
Ces deux rendez-vous interviennent alors que disparaissent les derniers témoins directs de la déportation.
Après la disparition d’Henry Grand, décédé le 16 août 2026 à l’âge de 100 ans, Henri Mosson et lui sont désormais réunis dans la mémoire du Mémorial. Entré dans la Résistance dès 1942, Henry Grand avait été déporté sous le régime Nacht und Nebel et était arrivé à Natzweiler le 10 juillet 1944, sous le matricule 19382. Il était le dernier homme français encore en vie parmi les déportés Nacht und Nebel.
La disparition des témoins rend plus que jamais essentielle la mission de transmission, de recherche et de préservation portée par le Mémorial de Natzweiler-Struthof, avec les familles, les chercheurs, les enseignants et les jeunes générations.
À travers ces deux cérémonies, c’est une même volonté qui s’exprime : préserver les traces, transmettre les parcours et les noms, et faire vivre une mémoire française, européenne et universelle de la déportation à Natzweiler.